BIELAJEW, Kate
Le phénomène d'autostimulation intra-cérébrale renforçante a fait l'objet de maintes études chez plusieurs espèces d'animaux, allant du poisson rouge à l'être humain. Depuis plus de 50 ans, les chercheurs en neurosciences tentent de cerner les caractéristiques fondamentales de ce comportement. L'un des buts de cette exploration est l'établissement d'un lien entre les renforcements naturels et les drogues causant la dépendance. Un des objectifs de mon travail s'appuie sur un cadre anatomique. Il s'agit de l'identification et de la quantification des relations existant entre les différentes structures qui maintiennent le comportement d'autostimulation intra-cérébrale. Le but de cette recherche est de cerner les processus neurobiologiques qui sous-tendent le renforcement et d'étendre une telle compréhension à l'organisme pathologique. Ce travail se fonde à la fois sur des techniques histochimiques (cytochrome oxydase) et sur des adaptations comportementales de tests physiologiques classiques (ex. : périodes réfractaires).Le comportement observé lors de l'autostimulation intra-cérébrale chez les animaux peut également être utilisé pour étudier certains aspects de la dépression. Dans une telle utilisation du paradigme, on suppose que l'un des symptômes les plus saillants de la dépression est une capacité réduite à ressentir du plaisir. Par conséquent, tout type d’intervention destinée à soulager ces symptômes chez l'être humain, telle l'utilisation d'antidépresseurs, stimule les mécanismes du renforcement. Dans notre laboratoire, nous avons mis au point un modèle animal de dépression qui se base sur une exposition chronique à une variété de stresseurs dans le but d'imiter certaines caractéristiques de la dépression chez l'humain.
Chez les rongeurs, l'état "dépressif" est mesuré, d'une part, en déterminant les seuils pour l'autostimulation intra-cérébrale et d'autre part, en évaluant les niveaux de diverses hormones liées au stress. Comme plusieurs qui ont déjà tenté des recherches sur le sujet, il nous a été difficile d'obtenir des résultats fiables. Nous nous sommes penchés sur la contribution possible de différences biologiques telles la génétique et le sexe sur les états dépressifs. Dans ce type de recherche, il arrive fréquemment d'utiliser des stresseurs de nature physique (ex. : restriction contrainte), alors que ces paradigmes ont potentiellement moins de validité que des stresseurs d'une nature plus sociale (ex. : habitat). Une chose est certaine, il est maintenant reconnu que des différences sexuelles jouent un rôle significatif dans l'émergence des troubles neuropsychiatriques. Malgré cela, les modèles animaux sur lesquels se basent la majorité des recherches portant sur la dépression ne prennent pas en compte ces différences sexuelles. Une préoccupation majeure de ce laboratoire est d'arriver à mieux comprendre ces différences.
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