La violence contre les femmes
Les facteurs de risque de violence contre les femmes
Des facteurs de risque de violence contre les femmes ont été identifiés aux plans individuel, relationnel, communautaire et sociétal.
L’agression sexuelle
La grande majorité des auteurs d’agression sexuelle sont des hommes. Les facteurs qui augmentent le risque qu’un homme commette une agression sexuelle incluent :
- Des attitudes et des croyances encourageant la maltraitance des femmes et la fréquentation de pairs ayant un problème d’agressivité sexuelle
- Des antécédents durant l’enfance de violence physique ou sexuelle ainsi que le fait d’avoir été témoin de violence familiale
- Un comportement impulsif et antisocial
- Un environnement familial à forte dominance patriarcale
- L’abus des drogues et/ou de l’alcool
- Des normes tolérantes à l’égard de l’agression sexuelle dans la communauté en général
- Des lois et des pratiques qui perpétuent les inégalités liées au genre, à l’orientation sexuelle et aux origines raciales et ethniques
- Des sanctions communautaires peu sévères contre les contrevenants
(Centers for Disease Control and Prevention 2004; Organisation mondiale de la Santé 2002).
La victimisation par agression sexuelle
La fait d’être une femme constitue le facteur de risque le plus important de victimisation par agression sexuelle, bien que les jeunes garçons, de moins de 12 ans, comptent pour 30% des victimes chez les enfants (Statistique Canada 2003). Les adolescentes et les jeunes filles adultes sont les plus à risque d’agression sexuelle. La majorité des agressions sont commises par des contrevenants qui sont connus de la victime et surviennent dans une résidence privée. Une femme sur six victimes de violence conjugale est agressée sexuellement (Statistique Canada 2005e).
Le fait d’avoir été victime d’une agression sexuelle est lui-même un facteur de risque de subir de nouveau une agression sexuelle ou physique à l’avenir. Les femmes en situation de pauvreté courent un risque plus élevé d’agression sexuelle dans leurs activités quotidiennes, par exemple lorsqu’elles utilisent seules les transports en commun la nuit ou lorsqu’elles occupent des emplois comportant un risque élevé de violence sexuelle (Organisation mondiale de la Santé 2002).
La violence entre partenaires intimes
Bien que les enquêtes canadiennes de victimisation suggèrent que les taux de violence entre partenaires soient comparables pour les femmes et pour les hommes, le fait d’être une femme accroît le risque d’agression conjugale sérieuse, de harcèlement criminel et d’homicide conjugal. (Statistique Canada 2005e). Les facteurs suivants augmentent le risque pour les hommes d’abuser de leur partenaire féminin :
- Le recours à l’abus psychologique et émotionnel ainsi que la tentative de contrôler et de limiter l’indépendance de la partenaire
- Une consommation importante d’alcool
- Un stress financier
- Le fait d’avoir été témoin ou victime de violence durant l’enfance
- Le recours à la violence contre d’autres hommes à l’extérieur de la maison
- Les attitudes à l’égard des rôles attribués aux genres dans la société en général
- Des normes sociétales encourageant la violence
- Des sanctions communautaires peu sévères à l’égard de la violence entre partenaires et un soutien déficient offert aux victimes.
(National Research Council 1998; Organisation mondiale de la Santé 2002, 2005).
Une faible proportion des hommes violents tue leur conjointe ou tue leur conjointe et leurs enfants. Certains hommes qui ne démontrent aucune tendance à la violence ont aussi tué leur conjointe et d’autres membres de leur famille. En plus des facteurs de risque mentionnés ci-dessus liés à la violence entre partenaires, d’autres facteurs augmentent le risque d’homicide :
- Plusieurs femmes sont tuées lors d’une séparation ou lorsqu’elles ont entrepris les démarches nécessaires afin de se séparer d’un conjoint violent
- Le harcèlement criminel de la part d’un ex-conjoint
- La présence d’armes à feu dans la maison
- Une jalousie extrême
- Des menaces de mort proférées contre la conjointe
- L’abus des drogues ou un sérieux problème d’alcool (lorsque l’agresseur est ivre à tous les jours ou presque)
(US National Institute of Justice 2002).
