Au Canada, environ 9,3 millions $ ont été dépensés en 2005 pour l’embauche de 62 458 agents de police, à un coût approximatif de 288 $ pour chaque Canadien (Reitano 2006). Les prisons et les pénitenciers s’avèrent également très coûteux. Au Canada, incarcérer pour une année un homme adulte dans une institution fédérale coûte entre 71 640 et 110 223 $; incarcérer une femme adulte peut coûter jusqu’à 150 867 $ par année (Service correctionnel Canada 2005).
En ce qui a trait aux jeunes, le coût pour la société d’une jeune personne en contact avec la loi, incluant les coûts liés au bien-être et à la protection de l’enfant de même que ceux liés au système des jeunes contrevenants – sont estimés à au moins 511 500 $ jusqu’à ce que le jeune atteigne l’âge de 17 ans (Stratégie nationale pour la prévention du crime 2000). Ces coûts sont substantiels et n’offrent pour les contribuables aucun bénéfice à long terme. De plus, il y a peu de données probantes qui démontrent que l’augmentation du nombre de policiers pour mener à bien les tâches traditionnelles de la police se traduit dans les faits par une réduction de la criminalité (Skogan 2004).
Par ailleurs, les programmes de prévention qui s’attaquent aux facteurs de risque et qui ciblent les facteurs de protection ont permis de réduire la criminalité et ce, à un coût nettement moindre que celui de l’ajout d’agents de police ou de l’incarcération d’un plus grand nombre de contrevenants (Sherman et al. 1997 and 2002; Waller, Sansfaçon, & Welsh 1999). À titre d’exemple, afin de réduire la criminalité de 10% vous pouvez soit aider les jeunes à risque à terminer leurs études secondaires par le biais d’un programme comme « Quantum Opportunities » ou bien dépenser 7 fois plus d’argent en provenance des impôts perçus dans chaque ménage pour incarcérer un plus grand nombre de contrevenants pour des périodes plus longues. (Waller, Sansfaçon & Welsh 1999).

Source : CIPC. Répertoire-Synhèse II, 1999
Par conséquent, prévenir la criminalité avant qu’elle ne se produise s’avère beaucoup moins coûteux que de réagir à celle-ci. Chaque dollar dépensé pour la prévention se traduira aussi éventuellement par d’autres bénéfices importants pour la société (Waller, Sansfaçon, & Welsh 1999). Les coûts-avantages de la prévention de la criminalité incluent une dépendance moins grande à l’égard des systèmes de bien-être social et de bien-être de l’enfance, une augmentation des revenus d’impôts découlant des emplois additionnels occupés, des économies substantielles au plan des services de la santé et une augmentation des inscriptions aux études post-secondaires, pour n’en nommer que quelque-uns (Waller et al. 1999; World Health Organization 2002). À titre d’exemple, chaque dollar investi dans le Programme préscolaire Perry ( Perry Preschool ) a eu un rendement de 17,07 $ pour le public et pour les participants grâce à un meilleur niveau d’éducation, à des revenus d’emploi plus élevés et aux économies de coûts liées à la criminalité et au bien-être social (Schweinhart 2004).
Bien que l’accent soit mis ici sur les bénéfices au plan financier, la prévention de la criminalité se traduit également par d’importants avantages sociaux complémentaires, par exemple, en soutenant les jeunes et les enfants en vue qu’ils complètent leurs études, en leur facilitant l’obtention d’un emploi rémunérateur et en les aidant à assumer leurs responsabilités parentales (Waller et al. 1999; Waller, Sansfaçon & Welsh 1999). En investissant dans le bien-être des enfants, des jeunes, des familles et des quartiers, la prévention peut aussi réduire les coûts sociaux pour les victimes de la criminalité ainsi que les effets préjudiciables découlant des démêlés avec le système de justice pénale et d’une peine d’emprisonnement (ONU ECOSOC 2002).
